Jérôme Hergault : « Le vestiaire m’a beaucoup soutenu »

INTERVIEW | Arrivé cet été en provenance de Luzenac, Jérôme Hergault n’a pas vraiment eu le temps de faire ses preuves sous le maillot audonien : blessé à l’avant bras droit lors de sa première titularisation contre Colmar, il n’a joué que 55 minutes cette saison. Pas de quoi  entamer la motivation d’un joueur qui rêve d’accéder – enfin – à la Ligue 2. Des objectifs du club à ses débuts en tant que commentateur sportif, en passant par la relégation de Luzenac en DHR, Jérôme Hergault a pris le temps de répondre à nos questions, devant un café, attablé à une table de l’Olympic. (Crédit photo : Pierrick de Morel)

Comment vas-tu depuis ce match contre Colmar et ta double fracture de l’avant-bras droit, le 19 septembre dernier ?

Ça va bien. Je pars du principe que la blessure fait partie du jeu… J’ai eu le moral durant toute cette période. Après c’est vrai que physiquement, les deux premières semaines après mon opération ont été compliquées parce que j’étais bloqué, je ne pouvais rien faire. Ensuite, j’ai pu commencer à travailler avec le préparateur physique, Randy [ndlr : Fondelot] et même si c’était dur, ça a commencé à être intéressant pour moi. Finalement, les trois-quatre dernières semaines ont été plutôt cool, même si je travaillais seul ou avec les blessés. A partir du moment où on travaille, on a l’impression de rejouer au football. Maintenant, le moral et le physique, ça va.

Quand est-ce qu’on a une chance de te revoir sur un terrain avec le maillot du Red Star sur les épaules ?

J’espère ne pas trop devancer mon chirurgien en disant que j’aimerais jouer le week-end prochain avec la réserve. Pour l’équipe première, ça dépendra des choix de l’entraîneur mais si je suis apte tout de suite, je disputerais bien le petit match de Coupe contre Noeux-les-Nimes. On verra.

Cette saison, tu n’as joué que 55 minutes. Depuis, le groupe est dans une bonne dynamique. Tu n’as pas peur que ce soit difficile de se faire une place dans ce collectif ?

Il n’y pas de peur puisque je pars du principe que je n’ai rien prouvé au Red Star. Quoiqu’il arrive, j’aurais donc dû faire mes preuves. Ce qui est dommage, c’est que j’ai pris du retard par rapport à ce que j’aurais aimé montrer. Je suis déjà content que l’équipe tourne bien. Il vaut mieux retrouver une équipe qui tourne bien et avoir du mal à revenir que récupérer une équipe qui tourne mal et s’imposer tout de suite. Ce serait mauvais signe. Je suis prêt à me battre. Le but c’est d’être à son niveau. Après si les autres sont meilleurs, c’est le football. Je suis déjà content de rejouer. Pour le reste, on verra.

Au moment de ta blessure, Sébastien Robert t’a immédiatement soutenu, déclarant ne pas être inquiet pour toi en raison de ta force mentale. Ce sont des mots qui touchent ?

Ça fait toujours plaisir d’entendre ça venant du coach. De manière générale, tout le vestiaire m’a beaucoup soutenu alors que je suis arrivé il y a peu de temps. Ce soutien me donne encore plus envie de me battre pour l’équipe et pour le club. Durant ma convalescence, l’atmosphère globale était bonne. Même des gens qui ne me connaissaient pas, que je croisais au siège du stade, me souhaitaient un bon rétablissement.

Comment s’est passée ton intégration dans le groupe ?

Super. Etant donné qu’il y a beaucoup de nouveaux cette saison, je pense que ça aide aussi. Nous sommes tous obligés d’aller les uns vers les autres. Peut-être que cela aurait été plus compliqué si il y avait eu un noyau dur d’anciens avec un ou deux nouveaux, mais là j’ai l’impression que les joueurs se connaissent depuis cinq ans alors que ce n’est pas du tout le cas, en tout cas pas pour tout le monde.

Qu’est-ce qui t’as motivé dans le projet du Red Star ?

Je vais être honnête, c’est le fait de vouloir monter en Ligue 2. A partir du moment où je suis sur un terrain, c’est pour gagner. Jouer la montée, automatiquement, ça m’a donné envie de venir ici. Après, d’autres éléments m’ont motivé. Le premier, c’est la ville. Paris, c’est sympa. Ensuite, la ferveur. J’ai joué plusieurs fois en tant qu’adversaire du Red Star, il faut reconnaître que ça doit être super de jouer avec ce public derrière toi [ndlr : Jérôme Hergault n’a joué qu’un seul match cette saison, à Colmar. Il n’a donc disputé aucune minute sur le synthétique de Bauer]. Quand on les recevait à Luzenac ou à Foix, c’était un des seuls clubs qui avaient des supporters prêts à faire 800 kilomètres pour les soutenir. Automatiquement, quand on signe, on y pense aussi. Il vaut mieux avoir les supporters audoniens avec nous que contre nous.

Quels sont les objectifs que tu t’es fixés en venant à Saint-Ouen ?

Personnellement, je veux gagner ma place et montrer que j’ai le niveau pour jouer ici. Collectivement, vu la qualité de l’effectif, c’est la montée, il ne faut pas se leurrer. Cette saison, il n’y a pas  de cador en National. On a tout pour devenir ce cador, je l’espère. Il reste une vingtaine de journées, on a encore le temps de montrer qu’on peut assumer ce statut.

A part une saison à Rouen (2012-2013), tu as fait l’essentiel de ta carrière à Luzenac. Ce n’était pas trop dur de repartir de zéro dans un nouveau club ?

Je ne le ferai pas chaque saison mais je trouve cela sympa, ça permet de se remettre en question. Quand j’étais à Rouen, j’avais été content de mon expérience, de voir le fonctionnement d’un autre club. Je suis plus parti de Luzenac par la force des choses, mais je le vois du même point de vue, comme une remise en question footballistique. Je n’ai rien prouvé ici ! Et puis il y a également des changements par rapport à un cadre de vie, avec de nouveaux potes, de nouvelles attaches… Ce changement a un côté excitant.

Tu évoquais Luzenac à l’instant… Que ressent-on quand on a gagné le droit de jouer en Ligue 2 sur le pelouse, et qu’on perd ce droit devant les instances du football français ?

Deux sentiments : de la frustration et de la déception. Frustré parce qu’automatiquement, il y avait une ambiance de fou liée à la montée, il y avait un groupe. J’aurais préféré qu’il se détruise de lui-même, en faisant une mauvaise saison en Ligue 2 par exemple. Là, le groupe s’est détruit alors qu’il restait sur une très bonne note. La déception, c’est de retrouver un club pour lequel j’ai joué sept saisons en DHR alors qu’à la base il devait jouer en Ligue 2… C’est triste. Il y aurait eu une certaine logique à laisser Luzenac repartir en National. Tu fais monter un club en Ligue 2, tu le retrouves en DHR… Le sentiment général à Luzenac, c’est qu’il ne fallait peut-être pas jouer la montée, cela aurait été mieux pour tout le monde…

Depuis ton arrivée au club, est-ce que tu as pris un peu le temps de découvrir Saint-Ouen ?

Je suis originaire du 95 à la base, j’ai grandi jusqu’à 16 ans dans le Val d’Oise donc je ne découvre pas la région. De Saint-Ouen, je connais surtout les Puces mais depuis mon arrivée au Red Star je me contente du trajet entre la Mairie et l’Olympic, ou entre la Mairie et Bauer. (Il rit) Pour l’instant, j’évite le tourisme.

Pour le huitième tour de Coupe de France et le match du Red Star contre Puteaux, on t’as entendu t’essayer au métier de commentateur sportif. Tu penses déjà à ta reconversion ?

Pas du tout. On me l’a proposé, étant donné que j’allais au match voir mon équipe contre Puteaux, je n’allais pas refuser. C’était sympa à faire mais je n’ai aucune vue là-dessus. Je ne sais même pas si j’ai été bon. (Il sourit) J’ai eu des retours plus ou moins positifs. C’est bien d’avoir réussi à le faire de façon amateur, mais ce n’est pas une reconversion envisagée…

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