Alexis Lafon : « Les derbys ne sont pas de beaux matchs, mais ce sont des matchs à gagner »

INTERVIEW – Au club depuis l’été 2012, Alexis Lafon a déjà eu l’occasion de jouer plusieurs derbys contre le Paris FC. Des matchs dont il n’a pas forcément gardé un bon souvenir, mais sur lesquels il a accepté de revenir avec nous. L’occasion d’évoquer plus largement les ambitions du Red Star pour la fin de la saison, et le regard que le milieu de terrain porte sur ses performances individuelles. (Crédit photo : Pierrick de Morel)

Comment s’est passé la semaine qui vient de s’écouler pour le groupe après la victoire face à Vannes ?

Nous étions content d’avoir gagné. Ce match a été compliqué, avec ce penalty à la dernière seconde, et nous étions soulagé de voir que pour une fois, le scénario tournait en notre faveur. C’était important après la défaite face à Fréjus de bien redémarrer avec une victoire.

Dans quel état d’esprit sont les joueurs avant le derby de vendredi ?

L’état d’esprit est toujours le même. Il y a un match tous les week-ends et tu pars toujours pour le gagner. Le derby a surtout une valeur pour les médias et les supporters, mais en tant que joueur l’objectif est toujours le même : c’est de gagner.

Cette semaine, nous avons demander à quelques supporters de nous raconter leurs souvenirs des derniers derbys. Est-ce qu’il y a une rencontre contre le PFC qui t’as particulièrement marquée ?

J’essayais de me rappeler les derbys que j’avais pu jouer… (Il réfléchit) L’année dernière j’avais marqué contre le PFC à la maison, donc c’est forcément un bon souvenir. C’était d’ailleurs mon premier but à Bauer. Dans mon souvenir, les derbys parisiens que j’ai pu vivre ont toujours été des matchs avec peu de buts, fermés avec pas mal d’engagement, parfois un peu d’intox… Mais ça fait partie du jeu. Ce ne sont pas forcément de beaux matchs, mais ce sont des matchs à gagner.

Le Red Star a déjà affronté le Paris FC à deux reprises cette saison (en championnat et en Coupe de France). Quels sont les forces et les faiblesses de cet adversaire que vous connaissez bien ?

Ils ne s’attendaient pas à se retrouver à ce niveau là puisqu’ils ont été repêchés assez tardivement (ndlr : relégué sportivement en CFA en fin de saison dernière, le Paris FC est finalement resté en National grâce à la rétrogadation de Sedan). Au début de la saison, les Parisiens ont commencé à enchaîner les résultats positifs, ils ont été un peu euphoriques et ils ont réussi à maintenir ce rythme pendant six mois. Il y avait une forme d’insouciance chez eux… Nous l’avons d’ailleurs vu quand nous les avons affronté en Coupe de France : après leur premier but sur leur première occasion, ils se sont tout de suite lâchés, ils nous ont bousculé… Ils étaient dans une spirale positive. Dans l’engagement, il faudra que nous soyons autant présents qu’eux, voire plus. Il ne faut pas que nous nous focalisions sur une idée de vengeance mais que nous jouions comme nous savons le faire.

Quel regard tu portes sur la saison du Red Star à la mi-saison ?

(Silence) C’est compliqué… Par rapport aux objectifs du début de saison fixés par les joueurs, le club ou mêmes les supporters, nous sommes en-dessous, largement en dessous. Après ce n’est pas évident, il y a eu un changement de coach, des joueurs qui sont partis… Il y a eu pas mal de remous et je trouve que le club est resté relativement calme par rapport à tout ces événements, ce qui est plutôt une force. Il reste encore six mois pour faire oublier la première partie de saison.

Par rapport aux objectifs du début de saison fixés par les joueurs, le club et les supporters, nous sommes en-dessous, largement en dessous.

On a l’impression que le départ de Laurent Fournier et l’arrivée de Sébastien Robert a changé beaucoup de choses pour les joueurs…

Il a une approche différente. Et puis il était déjà au club, les joueurs le connaissaient… Il a essayé de ré-instaurer des bases au niveau tactique, de montrer à certains joueurs ce qu’ils devaient faire offensivement et défensivement. Il a apporté un peu de sérénité. Je sais que certains membres du groupe avaient besoin d’être plus mis en confiance. Personnellement, ce n’est pas forcément mon cas… Mais c’est sûr qu’il y a eu un véritable “effet Sébastien Robert” : le bilan comptable parle pour lui. Il faut reconnaître qu’il a changé les choses.

Quel est l’objectif pour cette deuxième partie de saison ?

Pour moi qui ai été formé à Auxerre, c’est la même chose que quand j’évoluais là-bas : jouer le maintien en gagnant le plus de matchs possibles, et nous ferons les comptes à la fin de la saison. Je ne suis pas trop un calculateur dans la vie. Je joue les matchs pour les gagner. Si tu gagnes jusqu’à la fin de la saison, tu as des bonnes chances d’être en haut. L’objectif à court terme, c’est donc de gagner les rencontres semaines après semaines. Si il y a de bonnes nouvelles tant mieux, si il n’y en a pas nous pourrons toujours nous dire que nous avons “sauvé la saison”.

Quel regard portes-tu sur tes performances personnelles ?

J’en ai déjà parlé avec le coach… Je ne suis pas super satisfait. Je suis censé être un joueur offensif et à l’heure actuelle, je n’ai fait que deux passes décisives et je n’ai marqué aucun but. C’est vraiment en dessous de ce qu’on peut attendre d’une personne censée alimenter l’attaque et la soulager en marquant des buts. Je l’ai déjà dit à quelques collègues : objectivement, je ne suis pas censé être un titulaire dans cette équipe. Au Red Star, il y a de la qualité et des joueurs à fort potentiel. Moi mon avantage, c’est mon fort caractère : même si techniquement je suis en dessous, je vais compenser par cet atout. C’est là que je vais faire la différence.

Si tu es dans le onze de départ, c’est quand même pour une bonne raison…

Je ne suis pas en train de me poser en victime et de me dévaloriser. Je vois tous les jours à l’entraînement les joueurs qui composent l’effectif. Et je sais que certains d’entre eux devraient jouer à ma place. Si il ne jouent pas, c’est à eux de se poser les bonnes questions. A l’heure actuelle, je sais pourquoi je suis sur le terrain, je sais quelles sont mes qualités… Jour après jour, je fais en sorte d’optimiser mes performances. Je me remets beaucoup en question, je pense que c’est une des raisons pour laquelle je joue assez souvent.

Je ne suis pas censé être un titulaire dans cette équipe (…) mais à l’heure actuelle, je sais pourquoi je joue…

Tu viens de fêter tes 28 ans. Comment vois-tu la fin de ta carrière ?

Je suis plus près de la fin que du début… Je pense être à un âge où je ne ferais pas une grande carrière en Ligue 2 ou en Ligue 1, comme je l’aurais voulu à une époque. Maintenant je ne vais pas cracher dans la soupe : tout ce que je pourrais prendre, je le prendrai. J’aimerais jouer le plus longtemps possible. J’ai envie de projets. Je n’ai jamais construit ma carrière en fonction d’objectifs personnels, choisis tel ou tel club parce que je m’y épanouirai plus que dans un autre. A chaque fois, je me suis plutôt demandé ce que je pouvais apporter au club et ce qu’il pouvait m’apporter. A l’heure actuelle, si je suis au Red Star c’est parce que déjà, il veulent bien de moi, et aussi parce que j’ai le sentiment qu’il se passe quelque chose ici. Si je peux faire partie de ce projet, je serais très content. Et puis il y a d’autres raisons : Red Star, c’est un mot anglais, et je suis de nationalité anglaise… Je crois que dans la vie, il y a des petits détails qui te donnent parfois une ligne directrice.

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